Bien régler ses suspensions

suspension-vttC’est un dossier sensible qui revient souvent sur la table et pourtant, rares sont les personnes qui savent bien régler leurs suspensions et pour cause, c’est une question de sensations, enfin presque. Voici en quelques clics, deux ou trois conseils, histoire de repartir du bon pied.
Textes et photos : Sam Péridy/Gaby Sport (Métabief)

Le réglage de la précontrainte
Pour bien comprendre l’ajustement des suspensions, il faut impérativement en connaître toutes les significations, surtout concernant les réglages.  Quand on parle de précontrainte, on parle de la compression de base du ressort quand il est au repos ou à l’arrêt. Plus précisément, on évoque la dureté d’enfoncement de la fourche ou de l’amortisseur, mais toujours dans l’optique d’être arrêté pour ce premier contact. Généralement, ce réglage est en rapport avec le poids de la personne. Plus elle sera lourde et plus il faudra durcir cette dernière (la fourche) avec de la pression d’air (via une pompe haute pression), ou avec un ressort hélicoïdal plus dur, si c’est le cas. Et pour savoir si le réglage opéré est bon, on va pour cela vérifier le “Sag”.

Le réglage du sag
Dans le cas où la précontrainte se gère par air, il va falloir ajuster le Sag. Bon nombre de fourches proposent aujourd’hui un petit tableau généralement gravé en bas d’un des deux fourreaux de la fourche. C’est très simple, il suffit juste de regarder en face de son propre poids la pression préconisée par le constructeur, et ça sera déjà pas mal. Il arrive que ce tableau ne soit pas présent sur les fourreaux. Dans ce cas, il va falloir procéder à “l’ancienne” en utilisant le petit joint externe de la fourche situé sur le plongeur comme témoin. Dans le cas exceptionnel où le joint n’est pas présent, on peut aussi mettre à la place un collier rilsan qui fera tout aussi bien l’affaire. Pour savoir si le Sag est bien réglé, notez avant de débuter, que l’opération de vérification doit se faire à “l’arrêt”. Peu importe l’endroit. Si ce n’est qu’il est impératif d’avoir la pompe haute pression prête à l’emploi.

Pour commencer, abaissez le joint ou le rilsan jusqu’en bas, contre le joint racleur. Puis, montez sur votre VTT les deux pieds sur les pédales en parallèle, en vous appuyant le long d’un mur, par exemple pour garder l’équilibre. N’hésitez pas à bien faire fonctionner vos suspensions en secouant le VTT de bas en haut, deux ou trois fois. Une fois immobile, rebaissez les joints de l’amortisseur et de la fourche contre les joints racleurs. Sans mouvement brusque, vous pouvez maintenant descendre du VTT, en essayant d’être le plus inerte possible. Cela évitera de bouger le joint et de recommencer l’opération. Sur un amortisseur, on dit que le bon Sag est de 15 à 20 % sur une pratique XC et de 20 à 30 % dès que le débattement se fait plus conséquent comme en enduro ou descente. On parle bien entendu de la course de l’amortisseur. À titre d’exemple, si la course est de 51 mm, comme souvent, le bon Sag sera de, à peu près 15 mm en XC, alors qu’on sera plus prêt des 20 mm en enduro. Sur une fourche, le débattement est plus important, et le calcul du Sag, un peu différent. On préconise de 10 à 30 % de la course. Là encore, tout est histoire de débattement, mais surtout de pratique. On privilégiera la dureté en XC, alors que c’est la souplesse qui sera de mise en descente. Si le Sag n’est pas bien réglé, trop juste et par conséquent trop dur, par exemple, la fourche ou l’amortisseur ou les deux, n’utiliseront pas tout le débattement, et vous aurez mal aux mains sur les longues descentes. […]

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Interview Julie Bresset : le sourire est revenu !

julie-bressetAprès avoir remporté trois titres mondiaux d’affilée et une médaille d’or olympique à Londres en 2012, on peut dire que Julie Bresset avait passé trois années sur un nuage. Malheureusement, la saison 2014 ne s’est pas du tout passée comme prévu et durant toute l’année, la jeune Bretonne s’est retrouvée dans l’incapacité de rouler à son meilleur niveau. Bilan de ce burn out mental et physique : une envie de tout arrêter… Mais aujourd’hui, le plaisir de rouler est revenu et les idées noires se sont envolées. La plus grande championne de l’histoire du VTT français revient pour nous sur la période la plus difficile de sa carrière.
Texte : Chris Caprin – Photos : Chris Caprin et BH

VTT Magazine : Tout d’abord, comment vas-tu ?
Julie Bresset : Pas mal du tout, merci ! J’ai juste ma préparation en cyclo-cross qui s’est arrêtée un peu prématurément début décembre à cause d’une élongation aux ischio-jambiers suite à un choc avec la selle, mais sinon, je suis contente, j’ai retrouvé le plaisir de rouler et de m’entraîner que j’avais perdu l’an dernier.

Peux-tu revenir sur ce qui a provoqué ta descente aux enfers la saison dernière ?
Comme je le dis souvent, c’est un mélange de plusieurs choses… Bien sûr, je savais que j’étais peut-être un peu juste physiquement pour la reprise qui avait lieu en mars, mais je pense que le facteur déclencheur a été ma chute à Cairns, en Australie, lors de la deuxième manche de la coupe du monde. Après avoir terminé huitième en Afrique du Sud, j’étais en course pour un podium et ce jour-là, on m’a mise au tas. Il y avait beaucoup de pression, ça bataillait pour le maillot blanc de leader et j’en ai fait les frais… À partir de là, ça a été la spirale infernale. Bon, avec des si, on peut toujours refaire l’histoire, mais si j’avais fait un podium là-bas, la saison n’aurait peut-être pas été la même. Évidemment, il y avait une accumulation de fatigue, de stress avec des hivers trop chargés en sollicitations et ça n’aurait certainement pas été bien loin comme ça, mais disons que là, ça a été vraiment brutal. J’avais besoin d’un vrai break ! Dans la foulée des Jeux de 2012, j’ai fait quelques coupures sans vélo, c’est sûr, mais j’ai voulu profiter de tout ce qui m’arrivait et en acceptant tout, tout le temps. Mentalement, je n’ai jamais eu de période de repos. Je pense même que répondre oui à tout ce que l’on me proposait était bien plus fatigant pour moi que de m’entraîner ou de courir.

Il y a aussi eu des tensions avec ton entraîneur…
Quand j’ai annoncé à Benoît (Gloux) que je voulais m’arrêter, il est tombé de haut. Mais je peux le comprendre, car même moi, je n’avais rien vu venir… Nous avions chacun nos positions, chacun nos torts aussi, mais je tiens à être claire là-dessus, il n’a jamais été question que je change d’entraîneur. Certaines personnes ont déclaré qu’il fallait que je prenne quelqu’un d’autre, qu’il n’avait pas le profil, qu’il venait du milieu amateur… Moi, ce que je sais, c’est qu’il a la fibre de l’entraîneur, alors le reste, je m’en moque. Je sais ce qui marche pour moi et ce qui compte le plus dans une relation athlète/entraîneur, c’est avant tout le côté humain. Et à ce niveau-là, avec Benoît, depuis mes années en junior, nous avons un vécu qui ne se remplace pas. Et puis quand ça ne marche pas, c’est facile de mettre tout sur le dos du coach en oubliant tous les beaux résultats qu’il y a eus avant… Au final, en discutant tous les deux, on a réussi à trouver un terrain d’entente pour mieux repartir. J’avais besoin qu’il soit plus présent à mes côtés, ce qui sera le cas en 2015 et nous avons aussi changé les outils d’entraînement en travaillant de manière plus ludique et plus variée. Et puis il a suivi des formations auprès d’entraîneurs fédéraux, ce qui lui a permis d’acquérir des connaissances qu’il n’avait pas forcément avant. Et moi, je découvre ça avec lui et c’est très motivant.

Pendant trois ans, tu as dominé ton sport avec des ressources incroyables. À l’époque, on te croyait quasiment invincible ! Est-ce que toi aussi, tu te pensais à l’abri d’une telle galère ? […]

 Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le n°290 de VTT Mag en vente en ligne sur hommell-magazines.com.

VTT mag n°290

vtt-magazine-290A la une de VTT Mag n°290 (mars 2015)

Comparatif: 14 caméras au banc d’essai
> Saisir l’instant présent, immortaliser ses plus beaux moments à VTT, figer un paysage à jamais, partager ses souvenirs entre amis, parfaire son entraînement, voilà ce que vous pouvez réaliser avec les caméras du moment. Pour vous faire une idée encore plus précise de ce que propose le marché de la Haute Définition, nous avons choisi de réaliser un comparatif exclusif de quatorze caméras haut de gamme après trois mois de test sans compromis. À vos images, prêt, ça tourne !

Le sommaire complet :
– A la Une : La Titan Desert by GARMIN
– Essai : Fourche SR Suntour Axon Werx RL-RC
– Essai XC compétition : Felt Edict 2
– Interview: Julie Bresset
– Magazine: l’escapade andine de Selles & poivre
– Match XC polyvalent: Commençal Meta Trail Origin ; Giant Anthem SX ; Mondraker Factor RR
– Technique : Bien régler ses suspensions
– Dossier : Le phénomène fat bike
– Découverte: Autour de Beauvais dans l’Oise
– Comparatif: Quatorze caméras au banc d’essai
– Conseils : Réparer le carbone
– Les diplômes VTT : pour devenir moniteur

Intense: made in California

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Brian Lopes

Intense, c’est un peu la Ferrari du mountain bike. Une marque californienne mythique spécialisée dans les belles mécaniques de précision ! Pourtant, contrairement à d’autres constructeurs américains comme Yeti ou Santa Cruz, Intense n’a jamais vraiment décollé sur le sol français… Alors quand Jeff Steber, le boss, recrute des collaborateurs prestigieux comme Shaun Palmer ou Brian Lopes et débarque en force au Roc d’Azur avec un nouveau distributeur et une gamme canon, on se dit que, ça y est, l’offensive est enfin lancée. L’occasion rêvée pour remonter le temps.
Texte : Chris Caprin – Photos : Chris Caprin et V-Topo

Situés à Temecula, une petite ville californienne à mi-chemin entre Los Angeles et San Diego, les locaux de la marque Intense sont à l’image de Jeff Steber, le patron, c’est-à-dire plutôt discrets. En effet, ici, pas d’enseignes lumineuses, de panneaux publicitaires ou de logos qui attirent l’oeil et il faut être attentif au numéro de la rue pour ne pas passer devant les bâtiments sans s’en apercevoir ! À l’inverse, une fois à l’intérieur, dès la porte du hall d’accueil franchie, on rentre dans le vif du sujet avec, au mur, les vélos de Shaun Palmer, John Tomac, Leigh Donovan et aussi Brian Lopes, des pilotes qui, à grand renfort de titres US et mondiaux, ont fait la renommée de la maison.

Parmi les coureurs mythiques de la marque, impossible de ne pas citer également les “étrangers” qui ont aidé à façonner l’image d’Intense sur les circuits de coupe du monde de descente, comme les Australiens Chris Kovarik et Sam Hill (champion du monde junior en 2002), ou encore notre petite Française, Sabrina Jonnier. Par le passé, Giant, Mongoose et Diamondback, pour ne citer qu’eux, ont décroché bon nombre de victoires en descente et en 4-cross grâce aux cadres haut de gamme dessinés et assemblés par Jeff Steber et son équipe. Une belle reconnaissance de la part de grands fabricants de vélos qui, n’ayant pas la possibilité de développer du matériel aussi pointu à l’époque, ont préféré faire confiance à un grand spécialiste en stickant leurs noms sur des cadres qu’ils n’avaient pas réalisés…

À la fin des années 90, Intense est donc une sorte de Ferrari du VTT qui fournit ses châssis à plusieurs écuries… L’image est forte, mais tout à fait symbolique de la réputation dont jouit Intense à ce moment-là. « J’ai dessiné des guitares avant de savoir en jouer, aime à plaisanter Steber. Pour le mountain bike, je me suis lancé là-dedans avec la même énergie et ça a marché ! » Seulement, avant de devenir l’une des marques de VTT les plus mythiques au monde et d’avoir du matériel présent sur toutes les compétitions internationales, Intense a dû gravir petit à petit les marches qui mènent à la gloire et au succès… Flash-back.

Naissance d’un mythe

Nous sommes en 1990. Jeff Steber, post-baba cool et designer de talent, qui a débarqué en Californie dix ans plus tôt au volant de son Combi Volkswagen, gagne sa vie en dessinant des accessoires de planche à voile, d’alpinisme et de varappe, mais aussi en customisant des guitares pour les rock stars de Los Angeles ! Pourtant, depuis son plus jeune âge, ce que Jeff recherche avant tout, c’est d’avoir l’opportunité de créer quelque chose de ses propres mains, de A à Z, sans avoir de comptes à rendre à personne… Cette liberté, il va la trouver dans l’une de ses plus grandes passions : le VTT. « Fondamentalement, je suis une sorte d’artiste, commence-t-il. À chaque fois que je découvre une activité, il faut que je m’arrange pour qu’au fur et à mesure, cette nouvelle expérience devienne plus intéressante, plus en phase avec ma façon personnelle de concevoir les choses. C’est exactement ce qui s’est passé avec le mountain bike. J’en fais régulièrement depuis le début des années 80 et je crois d’ailleurs que j’ai dû acheter le Specialized Stumpjumper n°200 ou quelque chose comme ça. À l’époque, les vélos ne marchaient pas trop mal, mais dans les descentes, le manque de confort et de suspensions se faisait cruellement sentir… » Steber s’aperçoit alors que le phénomène VTT se développe à vitesse grand V et que les pratiquants hardcore deviennent de plus en plus exigeants envers le matériel, sans pour autant trouver dans le commerce les vélos de leurs rêves. C’est à ce moment-là que notre homme a une vision qui lui indique que le VTT du futur sera suspendu ou ne sera pas ! […]

 Retrouvez l’intégralité de l’article dans le n°289 en vente en ligne sur hommell-magazines.com.